Elle Voulait Mourir Et Aller A Paris

Je suis à moitié grec, à moitié français. Ma mère est Grecque, mon père est Français. Je suis binational, j'ai cette double culture, mais j'ai été élevé en France, je connais mieux la France que la Grèce. Et j'ai eu plus difficilement accès à la part grecque de ma culture parce ma mère n'a pas voulu apprendre le grec à ses enfants. Souvent, quand des parents immigrés ne parlent pas leur langue d'origine à leurs enfants, c'est par volonté d'intégration, parce que les ponts avec leur pays d'origine ont été définitivement rompus, parce qu'ils pensent que là d'où ils viennent il n'y a plus rien pour eux ni pour leurs enfants. Ce n'était pas mon cas : enfant, j'allais tous les ans en vacances dans ma famille grecque, ma mère me confiait à mes grands-parents. Mais je ne comprenais rien, c'était très frustrant. Et vers 8-9 ans, j'ai passé beaucoup de temps avec ma marraine, qui ne parlait pas un mot de français, et je me suis mis à parler grec parfaitement, sans accent… Puis je l'ai perdu. Je me suis toujours demandé pourquoi on m'avait refusé cette langue, cette culture, quelles histoires avaient poussé ma mère à nous écarter de ses origines, d'une part de notre héritage culturel. Et pourquoi, malgré cela, je me suis toujours senti grec, pourquoi mon corps vibre physiquement à la moindre note de musique grecque, à certaines odeurs… Ces questions m'ont donné envie d'écrire un spectacle sur la mythologie familiale, un spectacle qui explore ce sur quoi se construit une famille.

 

Une pièce de Joachim Latarjet à partir de textes de Joachim Latarjet et d’Alban Lefranc 

Musique et mise en scène - Joachim Latarjet 

Collaboration artistique - Alexandra Fleischer 

Avec Alexandra Fleischer, Daphne Koutstafti, Joachim Latarjet, Emmanuel Matte et Alexandre Théry

Lumières - Léandre Garcia Lamolla 

Son - François Vatin 

Costumes - Nathalie Saulnier 

Production : Compagnie Oh ! Oui 

Coproduction Les Subsistances de Lyon. 

Avec l’aide à la production dramatique de la DRAC Ile-de-France et le soutien d’Arcadi Île-de-France, de la SPEDIDAM et de l'ADAMI.

Avec le soutien des PLATEAUX SAUVAGES.